Dictionnaire technique de l'estampe, André Béguin. FR

Burned wood technique, Technique du bois brûlé


La gravure sur bois par brûlure est une technique extrêmement ancienne qui pourrait remonter aux premières utilisations du feu. Néanmoins, l'utilisation du feu dans la gravure ne s'est jamais généralisée. On en trouve des exemples dans l'art africain et occidental dès le Moyen Âge. Dürer aurait également dessiné à l'aide d'un tisonnier chauffé au rouge. Le marquage des animaux au fer rouge et la décoration de coffrets en bois par ce procédé sont connus depuis longtemps ; il est donc surprenant qu'il n'existe pratiquement aucun bloc de bois gravé de cette manière. La rareté de ces œuvres doit être due aux difficultés rencontrées pour maintenir la pointe à une température élevée et constante.

En effet, ce problème ne fut résolu qu’avec l’invention de la machine à pyrogravure par Manuel Périer en 1875. La machine à pyrogravure était une adaptation d’une machine encore plus ancienne inventée par le docteur Pacquelin et a depuis été améliorée à plusieurs égards.
Le procédé pyrosteréotypique, inventé en 1862, était un procédé lié à la gravure. Il consistait à graver de la musique sur un bloc de bois à l’aide d’une machine à brûler dont la pointe remplaçait le système de marteau et de poinçon précédemment utilisé pour graver les partitions. Un alliage était ensuite fondu et coulé dans les trous réalisés par la machine à brûler.

Une fois refroidi, l’alliage se transformait en une planche en relief pouvant servir à imprimer des partitions [* gravure par compression]. Dès 1856, on imprimait du tissu à l’aide de blocs en relief réalisés dans du bois travaillé par une machine Heilmann dont la pointe était chauffée par deux flammes à gaz. La gravure réalisée par cette machine était réputée pour sa grande précision. [* piquage].