Dictionnaire technique de l'estampe, André Béguin. FR

Burnishing, Brunissage


Opération consistant à polir la surface d’une plaque métallique afin de la rendre lisse et brillante. Ce travail s’effectue à l’aide d’un brunissoir, un outil en acier poli. L’extrémité de l’outil est assez solide et présente un renflement ainsi qu’une forme arrondie, ce qui permet de lisser les irrégularités de la plaque métallique, de corriger les lignes imparfaites, d’effacer les rayures et d’éliminer le grain indésirable. Autrefois, les artisans qui rabotaient les plaques de cuivre facturaient un supplément pour le brunissage d’une plaque [* rabotage].

Autrefois, le brunissoir était largement utilisé lors de la dernière phase de polissage d’une planche, après le ponçage à la pierre ponce* et l’utilisation de charbon de bois*. La planche était alors frottée longuement dans le sens transversal et toujours dans la même direction avec du sable très fin mélangé d’abord à de la craie, puis à de l’hématite rouge. Souvent, le travail s’effectuait à deux mains afin d’avoir plus de force.
De nos jours, le brunissoir sert avant tout à réparer les accidents, à lisser la planche après l’avoir grattée avec un grattoir*, à obtenir les blancs dans les œuvres en mezzotinte* (voir aussi « noir »), après le grattage, ou simplement à éclaircir certaines parties de la planche.

Bien sûr, la raison pour laquelle le brunissoir n’est plus utilisé pour le polissage* (voir aussi abrasifs) est qu’il existe aujourd’hui des méthodes plus efficaces pour y parvenir.
Les brunissoirs servent également à frotter le verso des feuilles de papier lors de l’impression manuelle de gravures en relief [* bois, frotton, relief].
Il existe différents types de brunissoirs, certains plus plats, d’autres plus courbés. Ils sont nettoyés et polis avec du cuir et de la poudre d’étain. Un brunissoir ne doit jamais être utilisé sur une planche sèche. On peut utiliser une goutte d’huile (de l’huile d’olive selon Bosse) ou, à défaut, un peu de salive fera l’affaire. Il ne faut pas confondre le brunissage du métal destiné à être gravé avec celui d’un métal décoratif. Ce dernier s’effectuait autrefois à l’aide d’un brunissoir en agate ou en hématite rouge et d’agents lustrants. Ce second type de brunissage laisse le métal légèrement plus foncé que lorsqu’il présente une finition mate. [* nettoyage par ponçage].