Dictionnaire technique de l'estampe, André Béguin. FR

Adhesive-materials; Matériaux adhésifs

 1. MATÉRIAUX ADHÉSIFS EN FEUILLES ET EN BANDES.

On les trouve généralement en rouleaux de différentes tailles et ils sont composés de diverses matières. Le ruban adhésif « Scotch » ou ruban adhésif transparent en cellulose, couramment utilisé au quotidien (dans les bureaux, par exemple), peut servir à diverses tâches en sérigraphie (comme par exemple pour réaliser les bordures de l’écran en sérigraphie manuelle). Les largeurs couramment disponibles vont de 12 mm (environ un demi-pouce) à 30 mm (environ 1 1/4 pouce), tandis que la longueur de ce ruban peut atteindre 60 mètres (environ 200 pieds). Ce ruban existe également en version double face. Le ruban de masquage, quant à lui, est constitué de papier légèrement crêpé. Elle est également utilisée en sérigraphie pour protéger certaines parties de l’écran, même si elle adhère un peu moins bien que le ruban adhésif et est particulièrement sensible à l’humidité.

Le ruban de masquage est généralement utilisé pour une préparation rapide et provisoire de l’écran avant l’encrage, mais il peut également servir à masquer, à protéger les bords de l’écran après qu’il a été tendu et fixé au châssis, et à réparer de petites déchirures. Le ruban de masquage existe également en version double face adhésive. En ce qui concerne les dimensions disponibles, il se présente en rouleaux dont la largeur varie de 12 mm (9 ou 13 mm pour la version double face) à 50 mm (environ 2 pouces). La longueur maximale disponible est d’environ 60 mètres.

Les feuilles de plastique adhésives (papier contact) peuvent être utilisées pour protéger les plaques métalliques pendant la gravure, soit en collant des feuilles entières au dos de la plaque, soit en découpant des formes et en les collant sur la face à graver. Des bandes d'acétate peuvent être utilisées pour fabriquer ou fixer des bacs*.

Du ruban adhésif double face peut être utilisé pour fixer deux objets l'un à l'autre. Ce type de ruban est essentiellement utilisé en gravure technique pour composer des textes qui ne sont pas rectilignes. Les caractères sont collés et servent de modèle pour le travail au pantographe [* machine (machine à graver)].

Du tissu adhésif est également disponible pour la reliure simple de livres et pour l’emballage. En photographie, lorsqu’il faut masquer certaines parties de l’image, on utilise un adhésif spécial noir et opaque (6 mm de large et 60 mètres de long).

En sérigraphie, lorsqu’ils utilisent le système du pochoir*, les artistes emploient des feuilles qui sont fixées sur l’écran à l’aide d’une couche de vernis adhésif.

2. LETTRES, SIGNES ET CHIFFRES ADHÉSIFS.

Il existe aujourd’hui une gamme assez large de lettres, chiffres, signes, symboles, écrans quadrillés et lignes sous forme de transferts. Bien qu’ils soient principalement utilisés pour le dessin, ils peuvent également servir à la création d’estampes. En sérigraphie, ils permettent de composer des textes ou des illustrations, car ces transferts adhésifs peuvent être collés directement sur l’écran. L'impression peut s'effectuer de deux manières distinctes. La première consiste à appliquer de l'encre sur l'écran sur lequel les décalcomanies ont déjà été placées. Dans ce cas, les décalcomanies bloquent le passage de l'encre et, après impression, les signes et symboles auront la même couleur que le papier utilisé pour l'impression.

Cette méthode n’est compatible qu’avec une encre à base d’eau* et ne permet qu’un nombre limité d’impressions, car les décalcomanies sont non seulement dissoutes par les encres à base d’huile et à base de cellulose, mais se détériorent également après une soixantaine de passages de la raclette (une centaine si l’opération est effectuée avec soin). La deuxième méthode consiste à fixer les décalcomanies sur l’écran, puis à étaler une couche de remplissage* de manière à ce que celle-ci soit assez fine. Le transfert peut être dissous une fois que la couche de remplissage est complètement sèche. Pour ce faire, on applique de la térébenthine sur les deux faces de l’écran. Veillez à bien mouiller les endroits où le transfert adhère à l’écran afin qu’il se détache par morceaux. La couche de remplissage utilisée doit, bien sûr, être insensible à la térébenthine employée. En effet, il est conseillé d’utiliser une couche de remplissage à base d’eau, ce qui permettra d’utiliser de l’acétone pour dissoudre le transfert. De cette manière, des espaces vides apparaîtront à l'emplacement des motifs qui ont été retirés, tandis que le reste de l'écran sera rempli. En résumé, cette dernière méthode est exactement l'inverse de la première. On peut ajouter que cette dernière méthode fonctionne également avec des encres à base d'huile et de cellulose si le produit de remplissage utilisé est à base d'eau. Elle présente également l'avantage de permettre un grand nombre d'impressions sans que des problèmes ne surviennent. Elle permet surtout d’obtenir des textes noirs sur fond blanc, car l’écran utilisé pour l’impression n’a pas besoin d’être inversé par rapport à la surface imprimée, alors qu’il l’est toujours dans les autres méthodes d’impression.

En effet, tout type de signe peut être utilisé, à l’exception des lettres et des chiffres, pour lesquels il faut réaliser une composition transparente puis l’inverser photographiquement [* transfert ]. Il convient toutefois de souligner que ce système ne donne de bons résultats (bonne définition) qu’avec des caractères relativement grands, car les plus petits sont rarement correctement reproduits. En revanche, le procédé photographique mentionné ci-dessus donne de bons résultats même avec de petites lettres dont la définition reste bonne.

3. VERNIS ADHÉSIF.

En sérigraphie et pour certaines autres utilisations (par exemple pour appliquer une couche adhésive sur un décalque), on peut utiliser un vernis adhésif, parfois simplement appelé « vernis ». Il existe un papier spécialement traité qui protège ce type de vernis.